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" Le principal organe de la vision, c'est la pensée.

On voit avec nos idées."

Boris Cyrulnik, neurologue et psychiatre.

Ce qui est vrai pour la vue, vaut pour tous nos autres sens ! Nous percevons ce qui nous entoure à travers le filtre de nos idées. Cela signifie que nous ne voyons et n'entendons que ce que nous avons appris de notre environnement

(social, culturel et familial). Corollaire de cela : une grande part de la réalité nous échappe. 

Garder à l'esprit ce fait peut nous prémunir de la tentation de prendre notre perception pour le réel...

J'ai pris conscience de ce phénomène pour la première fois dans l'étude du modèle vivant : le grand avantage de cet exercice, est de me confronter au réel, à une chair ! Pour moi, l'intérêt de cette ascèse n'est pas tant de chercher l'exhaustivité du réel, mais d'apprendre à observer, sentir ce qui donne mouvement aux formes et le digérer avec sa sensibilité. Mais il n'y a pas à tortiller, pour aboutir à ce que l'on nomme souvent (sans trop savoir) abstraction ou stylisation,  il est impératif de comprendre la structure de la forme. Donc apprendre à regarder avant toute autre velléité !

Les choses ont commencé à bouger pour moi lorsque j'ai pris conscience que je ne dessine ni ne modèle ce que je vois mais l'idée que je me fais de la chose. Ainsi, je ne sculptais ce que je croyais être un nez, une jambe ou une épaule.

Cette prise de conscience m'a conduit à être plus rigoureux dans l'application des techniques d'observation que l'on utilise dans l'exercice du modèle vivant (dessin et modelage) :

     La pige, une baguette qui sert à prendre les proportions et les directions, puis les horizontaux et les verticaux.

     Le changement de regard (passer d'un regard focalisé à un regard global qui considère la pièce dans son ensemble).

     Apprendre les repères anatomiques et graphiques (c'est à dire les points clefs de la morphologie humaine, les points

     de passage d'un volume à l'autre, essentiels pour donner souplesse et vie à la sculpture.)

L'application de ces techniques n'a pas d'autre vocation que d'aiguiser le regard. Au fur et à mesure,  regard s'affine et perçoit plus spontanément les compositions et harmonies. Ce qui a été appris à partir du corps humain se transpose aisément sur d'autres formes (les anciens avaient une bonne raison de prendre le corps pour modèle ! ). La mise en oeuvre de ces techniques n'enlèvent en rien à la subjectivité du regard, à l'interprétation personnelle de la pose et de la morphologie du modèle.

Une question d'Eva mon prof d'alors, "Nasa où sont tes émotions ?", m'ouvrit les champs d'une autre perspective dans l'observation. Ainsi, non seulement on observe aussi avec les émotions mais ces dernières conduisent aussi à la singularité de mes réalisations.

Plus largement, je commençais à intégrer aussi les autres sens dans l'exercice d'observation ainsi que le corps. Ce allait me conduire à prendre conscience que je n'habitais pas vraiment mon corps...

 

 

 

Dans cet article, je ne vais pas entrer plus avant dans la compréhension du phénomène. Je souhaite vous présenter ce que j'ai constaté sur l'observation ainsi que les implications de ces constatations.

C'est essentiellement de mes constats sur l'observation que le reste découle, non qu'il y ai un ordre strict mais je pense que c'est un bon point de départ.

Je ne présente rien de nouveau en soi, et mon objectif n'est pas de chercher à innover mais à comprendre ce qui se joue dans l'observation. A vrai dire, le sujet est vaste et 

Raisons de notre manque d'observation.

Conditionnements psychologiques (la construction de notre identité, les mécanismes de projection de notre environnement sur nous et la réponse que nous avons apporté en réaction). Le déni, le mimétisme, l'autisme, le clivage.

out cela vient colorer notre appréhension du réel.

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